Les effets guitare

Les exemples sonores de cette leçon ont été aimablement produits par Yann avec un pédalier ME-50 de Boss.
Cependant, tous les effets ne sont pas encore illustrés. Vous pouvez donc participer en m'envoyant vos propres sons : illustrez bien l'effet (vous pouvez faire varier ses paramètres) et n'oubliez pas de précisez votre matériel.

Dès l'arrivée des premières guitares électriques, musiciens et électriciens ont cherché à jouer avec le son amplifié pour étendre les possibilités acoustiques de leurs instruments.

On appelle effet toute modification du signal sonore que l'on peut obtenir à partir du son d'origine de la guitare. Nous avons parlé dans le niveau 0 des effets de jeu, ceux que l'on obtient en utilisant certaines techniques de doigtés (par exemple le palm mute).
Nous allons nous intéresser ici aux effets produits par un appareil électronique externe, une pédale par exemple. Ces effets altèrent le traitement du signal électrique délivré par les micros de la guitare pour lui donner une propriété particulière, chaque effet agissant sur une partie spécifique du signal électrique.

Un effet est généralement implanté dans une pédale d'effet que l'on contrôle au pied tout en jouant. Une pédale peut se décliner en deux catégories : les pédales "switch" qui fonctionnent comme un bouton on/off (on active ou désactive l'effet) et les pédales d'expression (comme des pédales d'accélérateur) qui permettent de faire varier un paramètre de l'effet (la fréquence du signal pour les pédales wah-wah par exemple).

Certains effets sont déjà implantés dans l'ampli (comme la saturation ou la reverb par exemple) ou parfois même sur la guitare (dans une puce électronique). Mais, le monde des effets s'étant largement développé, on trouve maintenant des systèmes regroupant les effets les plus courants dans un seul appareil : les multi-effets.
Il peuvent prendre la forme d'un pédalier, large (GT8 de Boss ou GNX4 de DigiTech) ou compact (G1 de Zoom), d'un rack de type 19" (Intellifex de Rocktron), d'une interface audio-numérique (POD ou TonePort de Line6) ou d'un logiciel/plugin installé sur un ordinateur (GuitarRig de Native Instruments ou AmpliTube de IK Multimedia).

Il existe une multitude d'effets pour la guitare ; on pourra les regrouper suivant le traitement qu'ils appliquent au signal sonore. On distinguera les effets agissant sur la dynamique du son (amplitude, intensité), ceux agissant sur le spectre des fréquences, ceux agissant sur le retard (les effets temporels) et ceux combinant plusieurs de ces trois aspects. On détaillera tout ça et surtout on écoutera la façon avec laquelle ils transformeront le son de votre guitare.

Sommaire de la leçon :

Les effets dynamiques

La compression

Comme son nom l'indique, cet effet compresse le signal. La compression consiste à réajuster en permanence et en temps réel le volume de ce signal pour amplifier les sons faibles et atténuer les sons forts. On l'utilise principalement pour obtenir un niveau de signal constant en son clair et pour augmenter le sustain en son saturé.

Ses réglages habituels sont le seuil de déclenchement (en dB), le temps d'attaque (en ms, pour atteindre une compression maximum) et le temps relachement (en ms, pour cesser d'agir).

La compression se place généralement avant la saturation.

La saturation

La saturation est provoquée par une amplification extrême du signal (la déformation du signal se fait par écrêtement). Elle permet d'obtenir un son plus ou moins agressif ainsi qu'un sustain plus soutenu. C'est de loin l'effet le plus utilisé dans le monde de la guitare électrique, en particulier dans les musiques blues, pop/rock et metal.

Le réglage se situe principalement au niveau du gain, ce paramètre faisant varier le taux de saturation.

Le premier niveau de saturation s'appelle le crunch, le son obtenu est un son clair très légèrement saturé sur les attaques franches. Il est particulièrement utilisé dans le blues, parfois dans le jazz.

L'overdrive a un taux de saturation un peu plus poussé. Le son obtenu est proche de celui d'un ampli à lampes : chaud avec une couleur spécifique suivant le modèle de pédale ou d'ampli utilisé. Ce son est largement utilisé dans les musiques pop/rock et blues.

La distorsion possède un fort taux de saturation. Le son obtenu est vif et tranchant, très adapté pour les musiques metal. Là encore, chaque distorsion a une couleur bien spécifique suivant le modèle de pédale ou d'ampli utilisé.

La fuzz est la première saturation apparue pour la guitare, elle a été popularisée par Jimi Hendrix entre autres.
La saturation ici est au maximum, donnant une distorsion typiquement rétro : bruyante et "baveuse" mais terriblement efficace !

La réduction de bruit

Un réducteur de bruit n'est pas à proprement parler un effet mais plutôt un accessoire indispensable aux guitaristes jouant avec de fortes saturations. Son rôle est de couper tout bruit de volume inférieur à un seuil paramétrable (en dB). L'intérêt est de plus avoir de bruit parasite quand on bloque les cordes.
Parmi les réducteurs de bruit les plus connus, on peut citer la marque Rocktron qui a breveté son fameux système Hush, implanté dans la majorité de ses préamplis.

Le réducteur de bruit se place généralement en première position, juste après la guitare et avant le préampli.

Le trémolo

Le trémolo consiste à faire varier périodiquement le volume du son, créant ainsi un effet rythmique. On l'utilise habituellement sur des sons clairs ou crunchy.

Ses réglages se font habituellement sur la profondeur de l'effet et sa vitesse.

Il est conseillé de régler la vitesse sur le tempo ou sur une subdivision du tempo pour une mise en place correcte.

Les effets de fréquence

La wah-wah

La wah-wah est un effet se pilotant avec une pédale d'expression et consiste à faire varier la fréquence du signal. L'effet obtenu est une sorte de voix prononçant la syllabe Oua (d'où le nom), imitant ainsi des pleurs ou des ricanements. Cet effet a été popularisé par Jimi Hendrix dans le morceau Voodoo Child, et depuis est devenu un incontournable des effets de guitariste. Cet effet est très utilisé en funk, rock et metal.

La wah-wah se place généralement avant la saturation. Evitez par contre de la placer dans une boucle d'effets.

Dans le même esprit, on peut parler de l'effet whammy qui se contrôle toujours avec une pédale d'expression et qui simule un effet de glissando en variant la hauteur de la note jouée d'une ou plusieurs octaves.

L'auto-wah

L'auto-wah agit, comme la wah-wah, sur la fréquence du signal mais la différence est qu'il n'est pas piloté par une pédale d'expression. Le changement de fréquence se fait sur le niveau d'attaque des cordes. En gros, plus on joue fort plus le son est aigu.

Les réglages les plus courants sont le taux de l'effet, sa profondeur et sa sensibilité à l'attaque.

L'auto-wah se place généralement avant la saturation.

Le vibrato

Le vibrato, à ne pas confondre avec le trémolo, consiste à faire varier périodiquement la hauteur du son (et non son volume), donnant ainsi l'effet d'un vibrato produit avec la whammy-bar.

Ses réglages sont font habituellement sur la profondeur de l'effet et sa vitesse.

Les effets temporels

Le delay

Le delay (ou echo) consiste à reproduire le signal d'entrée avec un temps de retard donné (exprimé en ms). On l'utilise dans tout style de musique pour gonfler le son d'une guitare, la guitare lead généralement.

Ses réglages habituels sont le volume des répétitions, le nombre de répétitions et le temps entre les échos.

Voici un exemple où le paramètre feedback varie :

Voici un exemple où le paramètre time varie :

Voici quelques exemples classiques :

Dans ce cas les répétitions sont très proches (environ 80 ms) et donnent l'impression d'un effet reverb.

On règle ici les répétitions à 350 ms d'intervalle. C'est ce réglage que l'on utilise généralement pour une guitare lead par exemple.

L'écho est ici inversé, ambiance seventies psychédélique assurée.

Le delay se branche généralement sur une boucle d'effets. Par contre, il faut éviter de le brancher après la saturation.

La réverbération

La réverbération vise à reproduire l'ambiance d'un lieu plus ou moins vaste, de la chambre à la cathédrale. Elle fonctionne comme une multitude de petits retards si rapprochés que l'oreille humaine ne perçoit qu'un son continu. L'effet va simuler l'absorbsion des parois et obstacles à l'intérieur de la pièce ainsi que la couleur sonore de la réverbération.

Ses réglages principaux sont le volume de la réverbération et son temps de chute jusqu'à extinction.

Les effets combinés

Le chorus

Le chorus est obtenu en additionnant au signal d'origine un même signal légèrement retardé, la valeur de ce décalage variant constamment et cycliquement. Il permet d'obtenir un son plus ample et plus épais comme si plusieurs guitares jouaient en même temps. Certains chorus proposent également des filtres permettant de faire varier les fréquences des signaux retardés. Cet effet est très adapté pour sublimer une mélodie en son clair, mais est aussi largement utilisé en saturé pour gonfler les guitares lead.

Les réglages principaux sont le gain de l'effet, le taux qui augmente le nombre d'instruments simulés et la variation de temps de décalage.

Le phaser / flanger

Le phaser (ou « rotation de phase ») est obtenu en divisant le signal d'entrée en deux signaux, en décalant la phase de différentes fréquences sur un signal, puis en mélangeant le signal obtenu avec le signal original. On obtient un effet de rotation ou une impression de jouer dans l'eau.

Ses réglages habituels sont les mêmes que pour le chorus et la possibilité de déterminer le taux de réinjection du signal dans l'entrée.

Voici un exemple d'effet phaser en son clair :

Lorsque le signal est réinjecté à vitesse exagérée, on obtient un effet de flanger que l'on peut comparer à un effet de souffle ou au bruit d'un avion qui décolle.

Voici un exemple d'effet flanger en son clair :

Le pitch shift / octaver

Le pitch shift est utilisé pour changer la hauteur du signal d'entrée afin d'obtenir une note harmonisée avec le signal original. Cette note peut donc produire tout type d'intervalle.

Les réglages habituels du pitch sont font sur la hauteur de la note harmonisée, son volume et son retard par rapport à la note jouée.

Plus le retard est grand, plus la note harmonisée sera de qualité

Parmi les catégories de pitch les plus répandues, on trouve l'octaver qui reproduit le son une ou deux octaves plus bas. C'est un effet très apprécié des métalleux.

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